La sérendipité, nouveau concept clé de l’agilité !

sérendipité

Situation :

Vous ne voyez plus par quel bout toucher la société Alpha. Impossible de les contacter directement, pas de réponse à vos mails et vos courriers, ni à vos demandes Linkedin. Vous savez qu’ils ont besoin de votre produit, mais impossible de les joindre. Et ce matin-là vous décidez d’abandonner. Cela vous soulage d’un grand poids. Vous prenez votre train et, détendu, vous engagez pour une fois la conversation avec votre voisin. Vous parlez avec humour de votre décision d’abandonner la chasse à Alpha. Il se met à rire. C’est le PDG de Beta, son concurrent. Votre produit l’intéresse. Vous y croyez à peine. Vous venez de faire l’expérience de la sérendipité.

Théorie : La magie de la sérendipité

La sérendipité se définit par « La faculté ou la chance de trouver la preuve de ses idées de manière inattendue, ou bien de découvrir avec surprise de nouveaux objets ou relations sans les avoir cherchés ».

Trouver ce qu’on ne cherchait pas

Souvent appliquée aux découvertes scientifiques « par accident », comme la pénicilline, le concept s’applique également à toutes ces « coincidences » qui ouvrent de nouveaux horizons. Alex Osborne, expert mondial de la créativité, en parle comme d’un facteur fortuit, un stimulus accidentel qui déclenche l’inspiration créative.

Une sorte de miracle, de moment de grâce –les fameux « Aha moments » dont on a tous fait l’expérience- la sérendipité est une aide inespérée qui vient débloquer la situation en lui faisant prendre une tournure inattendue et en offrant une autre voie…qu’il faut savoir saisir.

La chance ça s’apprivoise

Tout comme on peut apprendre la magie, certains facteurs semblent cependant pouvoir aider cette « sérendipité ». De nombreuses études scientifiques se sont penchées sur la question, et en ont tiré les conditions suivantes :

  • Le lâcher prise

De manière paradoxale, c’est lorsqu’on ne cherche plus activement la solution que la sérendipité survient et nous l’apporte. Car on va donc laisser un champ plus libre à notre cerveau, l’exposant à de nouveaux stimulants et laissant l’inconscient faire son travail de tri…ou de connexion. En terme cognitif, notre cerveau libéré est alors en mesure de passer en mode « adaptatif », c’est-à-dire de faire de nouvelles connections lorsqu’un stimulus se présente.

  • L’exploration et l’ouverture

Pour multiplier les possibles sérendipités, il est recommandé de sortir de sa zone de confort pour « découvrir de nouveaux mondes ». Que ce soit une nouvelle activité, une conférence sur un sujet inconnu, un article étrange sur internet ou parler à son voisin dans le bus, cette ouverture, cet état de « non-savoir et non-prévoir » permet de nouvelles connexions dans notre cerveau et augmente la probabilité- sans pour autant la contrôler- de tomber sur une solution ou une opportunité.

  • L’audace

La sérendipité est une simple « proposition », et en général elle implique de réel changement. Libre à chacun de la saisir ou pas, d’agir ou non en fonction. Vous auriez pu demander au PDG de Beta les coordonnées d’Alpha plutôt que de lui parler de votre produit. Cela demande d’être capable de reconnaitre instantanément le potentiel que cette nouvelle donnée amène pour oser changer de cap et agir en fonction pour la transformer en opportunité.

 

Mise en pratique : Comment développer la sérendipité ?

Les 3 étapes de la sérendipité :

1. Avoir le bon état d’esprit : cultiver la curiosité et oser sortir de sa zone de confort :

  • Travailler en collaboration avec d’autres : Créer des projets transverses, faire des partenariats avec d’autres organisations, favoriser les espaces de travail « mixtes ».
  • Se sentir soutenu dans ses actions et initiatives : encourager l’intrapreneuriat, laisser du temps de liberté et de créativité aux collaborateurs
  • Avoir confiance en soi et en son travail : donner de l’autonomie même aux plus jeunes, offrir de la reconnaissance quotidienne, créer des processus de feedback appréciatif
  • Ne pas craindre l’échec: pas de ROI à l’innovation, valoriser ceux qui ont essayé et déculpabiliser les échecs avec des processus pour apprendre de ses erreurs

2. Savoir reconnaitre le potentiel d’une situation de sérendipité :

  • Croire en ce projet pour vouloir l’améliorer et y contribuer, et avoir un fort sentiment d’appartenance commun : partager votre identité, vivre vos valeurs en interne
  • Etre ouvert à l’inconnu : accepter la confusion et les découvertes inattendues
  • Avoir du temps pour réfléchir et prendre du recul : apprendre à mieux gérer les priorités et déléguez pour dégager du temps, organiser des sessions de feedback
  • Avoir la modestie de reconnaitre qu’on s’est trompé: cultiver une communication authentique

3. Oser agir pour saisir le moment de sérendipité :

  • Savoir se projeter et imaginer ce que cette opportunité représente : cultiver la créativité au quotidien, partager un rêve pour l’entreprise
  • Pouvoir essayer de faire différemment : être agile dans vos processus et votre fonctionnement, favoriser les boucles courtes plutôt que le planning
  • Partager sa découverte et ses idées pour trouver du support en interne : encourager les partages avec des réseaux sociaux ou des rassemblements réguliers

Conclusion

La sérendipité, comme la chance, n’est donc pas totalement fortuite mais peut être cultivée. Vous avez la baguette magique en main. A vous de l’utiliser.

Qui sait, un jour vous pourriez vous féliciter d’avoir mis en pratique cet article…

Et pour faire le premier pas, installez l’excellente application « Shapr », qui permet de rencontrer « au hasard » de nouveaux contacts professionnels « résonnants ». Bonnes découvertes !

 

Sources : http://www.cleanlanguage.co.uk/articles/articles/224/1/Maximising-Serendipity/Page1.html

https://news.uchicago.edu/article/2014/06/19/scholars-and-scientists-explore-factors-underlying-serendipitous-discoveries

https://news.uchicago.edu/multimedia/science-and-serendipity-short