Faut-il partir ou faire grandir votre entreprise ?

Should I stay or should I go

Ennui, manque de plaisir, trop forte pression, vous êtes au bord de craquer et de partir de l’entreprise, alors que vous aimez son activité ? Vous envisagez de faire un grand virage de sens ou de vous mettre à votre compte ?

Il y a beaucoup de raisons qui nous poussent à vouloir quitter l’étroitesse de notre emploi salarié pour goûter à l’indépendance d’une profession libérale. Bien souvent, c’est pour se lancer dans l’accompagnement des hommes et des organisations. Pour les aider à se transformer, à devenir meilleurs.

Si c’est votre but, est-ce que partir est vraiment la meilleure solution pour cela ? Avant de vous décider, nous vous suggérons cette rapide infographie, et trois considérations (voir plus bas) :

Infographie - Faut-il partir ou faire grandir votre entreprise ?

Si vous n’êtes pas en résonance avec le système de valeurs de l’entreprise ou que le dirigeant immuable est « toxique », alors il vaut en effet mieux partir, sinon prenez un temps de réflexion :

Fuir les problèmes va-t-il contribuer à les résoudre ?

Vous n’aimez pas certains de vos collègues, votre supérieur, l’ambiance de travail, vos tâches quotidiennes ou vos horaires ? Comme souvent dans une situation difficile, qui nous renvoie à nos propres limites et nos propres peurs, partir est la solution qui paraît la plus facile.

Le choix du départ ne règle pas les problèmes extérieurs qui vous ont amenés à partir. Au contraire, cela leur laisse le champ libre. Et l’hémorragie continuera. Ce qui à terme pourra créer une dualité entre les « convaincus qu’il faut changer » en dehors du système et les « convaincus qu’on est très bien ainsi » qui restent dans le système. Ce qui veut dire que les chances d’évoluer de votre entreprise diminuent à chaque départ.

De la même manière, fuir ne vous fera pas forcément grandir si l’on considère, comme dans toutes les approches psychologiques, qu’une partie des « problèmes » provient de vous : ce n’est pas évident à admettre mais travailler sur vous-même pour vivre différemment les situations qui vous dérangent, changer les relations et sortir du triangle de « victime-sauveur-persécuteur », pourrait probablement en résoudre un certain nombre.

Et si vous osiez faire face à votre responsabilité en tant qu’employé et en tant qu’individu ? L’entreprise a-t-elle vraiment le devoir de vous fournir des conditions satisfaisantes et mérite-t-elle d’être « sanctionnée » par votre départ si elle n’y réussit pas ou est-ce aussi votre rôle de collaborateur d’essayer de faire changer les choses et le cadre de votre travail ?

Car si vous souhaitez contribuer à la raison d’être de votre entreprise (ce qu’elle apporte au niveau sociétal, comme simplifier la vie des personnes âgées, nourrir le monde en respectant l’environnement, etc.), alors en restant, vous avez une vraie opportunité de faire évoluer les consciences et contribuer à corriger les incohérences internes.

Il ne s’agira plus de fuir, mais de faire fuir les problèmes.

Et si incarner le changement en interne était la meilleure façon de réussir ?

C’est le fameux: « be the change you want to see in the world » de Gandhi.

Avez-vous essayé de proposer des modifications ou un nouveau projet à vos dirigeants ? De prendre des initiatives pour améliorer les choses à votre niveau ? D’incarner ce que vous souhaitez vivre dans votre entreprise ?

Montrer qu’il est possible de faire différemment peut-être le meilleur moyen de convertir vos dirigeants à votre vision de l’entreprise. Et si vous décidiez avec votre équipe que vous alliez faire autrement ? Sans attendre l’aval de vos supérieurs (mieux vaut demander pardon que demander la permission), essayez de vivre ce qui pour vous serait le job idéal. Travaillez aux heures qui vous arrangent, faites des sessions de créativité, passez en mode agile, favorisez la cohésion et les initiatives, lancez le pilote d’un nouveau produit en «lean start-up »…

Idéalement, faites-vous aider discrètement si vous en ressentez le besoin par des personnes extérieures (experts, consultants, coach ou … Harmonistes). Mesurez ce que chaque initiative apporte, et une fois votre « business case » bien prêt, invitez vos dirigeants les plus « résonants » et faites-leur constater le résultat. Ils ne pourront que vous encourager à continuer. Proposez alors d’aider d’autres équipes à changer comme vous. Et faites boule de neige.

Et si à plusieurs vous pouviez changer les choses ?

Et si votre vision de l’entreprise idéale ou du job idéal était partagée par d’autres en interne ? Et si vous pouviez vous regrouper et agir à plusieurs ? Avez-vous pris le temps de parler de votre projet avec des personnes de confiance dans l’entreprise ?

Pour provoquer un basculement, un groupe a plus de puissance qu’un individu isolé. Il suffit souvent d’oser dire les choses et de soulever les incohérences de manière factuelle. Si vous êtes plusieurs, cela peut faire boule de neige. Vous pouvez être ces cellules imaginales (cf article sur la métamorphose du papillon) qui vont transformer cette chrysalide sclérosée qu’était votre entreprise en élégant papillon.

Là encore, entourez-vous d’experts qui peuvent vous aider à faire prendre conscience de la nécessité d’évoluer, et qui vous fournir les techniques pour accélérer le changement et la « conversion » de vos dirigeants et collaborateurs.

Conclusion : choisir l’école de la transformation interne

Bien sûr, mettre en œuvre un changement interne nécessite de l’audace, du courage, de la persévérance, une bonne conscience de soi et d’excellentes qualités relationnelles. Mais est-ce que ce n’est pas précisément les pré-requis pour devenir le coach ou le consultant que vous aspiriez à être ?

En commençant ainsi, vous aurez alors une excellente formation, et qui sait, peut-être la possibilité de trouver en interne le job de vos rêves, sans pour autant avoir à courir les risques (non négligeables) de l’indépendance. Et ainsi d’améliorer la vie de beaucoup de vos collaborateurs.

Alors, quelle voie choisirez-vous ? Vous démissionnez ou vous transformez de l’intérieur ?

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